L'art de la Loose

dimanche 21 décembre 2008

Les panneaux pittoresques au marché de Noël de Vienne

Aujourd'hui : "défense de chier déguisé en chien"

lundi 22 septembre 2008

Routine

Ma semaine dernière:

  • Lundi, il pleut et ma voiture prend l'eau. Genre 1cm de flotte sur le sol du siège passager, et fauteuil trempé. Je la ferai sécher en laissant le toit entr'ouvert, s'il ne pleut pas ça devrait aller en quelques jours.
  • Mardi, il pleut, PV, le GPS ne fonctionne plus, juste quand j'en ai besoin bien entendu (ça arrive 2 fois par an). Je découvrirai plus tard que c'est juste le cable d'alimentation trempé (il était dans la voiture) qui pose problème. Passage chez le "garagiste" (équivalent de Feu Vert ou Norauto) qui m'explique qu'il veut bien faire ma vidange, mais que pour la fuite je dois aller chez Peugeot. Le soir en rentrant je trouve un mot de coloc indiquant que le lave-linge n'évacue plus l'eau et se bloque. Et pour cause, la machine est pleine d'eau et de ses fringues.
  • Mercredi, il pleut, et je vais chez Peugeot; c'est ainsi que je me rends compte que ma voiture a du mal à démarrer à froid, alors qu'avant la vidange ça allait très bien. Pas de panique, elle n'a fait que 100 mètres depuis, c'est peut-être juste le premier démarrage. Chez Peugeot, on m'explique gentiment qu'il faut changer le toit ouvrant et que ça coûtera dans les 1000 euros, mais que comme c'est une vieille voiture c'est un peu con de claquer tout ça pour une fuite. Ce serait plus simple de sceller le contour du toit, par exemple avec du gros scotch. Manifestement, il est impossible de changer juste le joint. Le soir, je m'occupe de la machine à laver, c'est-à-dire que je vide la salle de bains de tout ce qui est au sol, puis je vide la machine de son eau (je deviens bon pour tout ce qui est écopage), puis je tente un truc, je vois que ça foire, et je la re-vide et je recommence. Plusieurs fois. Le filtre, bien que super chiant à atteindre, est parfaitement propre.
  • Jeudi, il pleut et nous appelons un service de dépannage pour lave-linge, et prenons rendez-vous pour lundi (aujourd'hui). Problème : il me reste 3 caleçons, et je dois partir deux fois 3 jours la semaine 'prochaine' (càd cette semaine).
  • Vendredi, il pleut et ma voiture a décidément beaucoup de mal à démarrer à froid. De plus les boutons pour régler le chauffage ne sont désormais plus rétro-éclairés la nuit (on dirait pas mais c'est super chiant), et les essuie-glace n'essuient plus grand chose. Le soir je décide de faire un reset de mon iPod, vu qu'iTunes est super con et ne synchronise pas tout ce qu'il devrait. À la fin du reset je synchronise avec mes mp3 et je vais dormir (ça prend un certain temps).
  • Samedi, il pleut, il fait froid, et je suis réveillé par ce qui s'apparente fort au bruit répété d'une tête de disque dur qui se range. La raison : l'iPod n'arrive pas à démarrer, il affiche le logo Apple une seconde puis s'éteint, puis recommence, etc. Je tente le reset à la main, le vidage de batterie, rien n'y fait. Je verrai ça plus tard. Le souci de rétro-éclairage de la voiture n'est pas lié à un fusible, autrement dit ça va être super pénible à changer et je ne sais absolument pas le faire. Je vais finalement laver 3 tonnes de caleçons chez une collègue, et nous en profitons pour cuisiner ensemble. Je m'explose le doigt en coupant un oignon.
  • Dimanche, incroyable mais vrai, il pleut et il fait froid. Mon iPod est de pire en pire, les resets répétés ne changent rien, vider la batterie ne change rien, si seulement j'arrivais à le monter sur l'ordi je pourrais refaire un reset mais non rien à faire la putain de sa race. Par ailleurs ma chouette soirée billard+bière+junkfood qui était prévue a été annulée, et je n'ai rien à manger chez moi, que faire, mystère et boule de merde ? La solution consiste bien entendu à commander quelquechose, je ne bouge plus de chez moi, parfois il faut savoir éviter de trop défier le destin. Seulement voila je n'ai plus que deux euros en espèces ; pas de panique, sur sanswok.at il est clairement dit qu'on peut payer avec la visa, et de plus quand je commande via l'interface web ils me disent qu'ils vont me passer un coup de fil pour confirmer, donc je pourrai en profiter pour leur dire de prendre la machine à visa, au cas où. Finalement pas de nouvelles, j'en viens à me demander si ma commande a bien été passée, jusqu'à ce que soudain (le voici tel que je l'ai vécu live sur irc)
    20:52 <@toutankh> il est venu direct il a rien pour payer par carte et il parle ni anglais ni allemand

vendredi 19 septembre 2008

La politique en Autriche pour les nuls

Avant-propos: petit rappel des évènements de 2000, souvent mal compris. L'Autriche est une démocratie représentative à régime parlementaire, c'est-à-dire que le peuple élit des députés, qui eux-mêmes tentent de former une coalition majoritaire. Une fois qu'une telle majorité est formée, la coalition constitue un gouvernement. L'Autriche a ainsi été gouvernée par diverses coalitions depuis 1945, notamment des coalitions socialistes-conservateurs. Lors des élections de 1999, le résultat fût le suivant:

  1. SPÖ, Sozialdemokratische Partei Österreichs, 33,15% ("socio-démocrates")
  2. FPÖ, Faschistische Freiheit Partei Österreichs, 26,91% (trous du cul de Haider)
  3. ÖVP, Österreichische Volkspartei, 26.91% ("chrétiens démocrates", conservateurs collabos)

La tradition aurait voulu qu'une coalition entre socialistes et conservateurs se forme, comme souvent par le passé. Une coalition socialistes - trous du cul était impensable. Après des mois de tractation les négociations entre socialistes et conservateurs échouèrent en janvier 2000, puis en quelques jours les collabos conservateurs et les trous du cul trouvèrent miraculeusement des accords sur chaque poste ministériel, et formèrent un gouvernement.

Autrement dit, c'est la droite traditionnelle qui a collaboré avec l'extrême droite, ce qui a propulsé le FPÖ au gouvernement, avec cependant un chancelier (équivalent d'un mix entre notre président et notre premier ministre, le président autrichien ayant relativement peu de pouvoirs) de l'ÖVP[1]. Les dirigeants de l'Union Européenne décidèrent alors de rompre leurs relations avec l'Autriche (refus de serrer la main de membres du gouvernement, etc), ce qui fut perçu par la population Autrichienne comme des sanctions. Face au peu d'effet de ces sanctions, elles furent stoppées quelques mois après. Lorsque Berlusconi fût élu en 1994 et en 2001, aucune sanction similaire ne fût prise, ce qui causa (et cause toujours) un grand sentiment d'injustice dans la population autrichienne, ainsi qu'un certain rejet de l'Union Européenne.

Nous passons maintenant à l'histoire récente : depuis la fin 2006, un gouvernement de coalition socialistes-conservateurs était en place. Il a cependant fini par démissionner, car les deux parties se tiraient dans les pattes comme des gosses. Des élections se préparent pour dans quelques jours, et c'est donc l'occasion de faire campagne. Cela peut cependant difficilement bien se terminer : après deux ans d'immobilisme dû aux gamineries des deux principaux partis, il ne faut pas s'attendre à autre chose qu'une percée de l'extrême droite. Voici les principaux candidats affichés en ville, je ne résiste pas à l'envie de commencer par le plus drôle.

Bonne chance les Autrichiens :)

Finalement, au grand concours des retouches d'affiche électorale, une image m'a fait sourire donc je la partage; le spot TV des verts est également terrible donc le voici en qualité pourrie.

Notes

[1] Jörg Haider n'a quant à lui jamais été membre du gouvernement, et a fini par quitter le FPÖ en 2005 pour fonder son propre parti, le BZÖ.

vendredi 6 juin 2008

Une raison de plus de détester la pub

Mon avion décollait 5 minutes plus tard que le dernier vol du second écran. À 45 minutes de l'embarquement dans un aéroport où tout se fait à pied, où tout est très mal indiqué, ça fait quand même bien chier la bite de passer après une putain de pub dont personne n'a rien à foutre. Accessoirement, quand on embarque on est déjà équipé en valises.

dimanche 25 mai 2008

La naïveté assassine

Ce dimanche matin je me sentais plein d'entrain, plein de temps, et plein de bonne volonté. C'était donc le moment idéal pour sortir le blender et faire de nouvelles tentatives de boisson ; au programme aujourd'hui, mangue et lait. Seulement voila, une mangue c'est chiant à éplucher puis découper si on ne veut pas en jeter la moitié. Qu'à cela ne tienne, j'ai un super couteau, une super pierre à aiguiser, entrain, temps, et volonté (et j'ai promis).

Je décide également d'essayer le blender qu'a laissé coloc en se barrant, histoire de changer un peu du mien, et de voir s'il est utilisable. Il a l'air chouette, on peut changer la vitesse de plein de façons, de jolis petits dessins expliquent à quelle préparation correspond chaque option, il y a même un mode qui alterne normal/lent (pratique pour laver les pulls en laine), bref me voici avec un second blender fort fonctionnel. Après avoir dosé le lait comme voulu (pas assez, la suite le montrera), je finis par soulever le récipient en verre histoire de procéder à un premier essai.

À ce moment précis, je réalise que quelquechose m'échappe. Le bol en verre est solidaire d'un truc en plastique, et il faut poser le tout sur le socle. Il est probablement inutile de soulever également ce truc en plastique pour servir le jus, et de plus quand je tire sur le bol en verre, le tout a tendance à se séparer à la fois entre le socle et le truc en plastique, et entre le truc et le bol. J'ignore dans quel ordre je sépare le tout, mais la suite suggère fortement que le bout de plastique s'est détaché du socle avant de se désolidariser du bol. Je vous laisse juger.

Ce que j'ignorais : le liquide circule librement entre bol et truc en plastique. Voici une explication graphique.
Ce qui s'est passé : Ceci.

Je vois d'ici venir les légions de 2 moralisateurs en commentaire m'expliquer que j'aurais dû le savoir et que nombre de blenders fonctionnent comme ça - sachez juste qu'il existe aussi des blenders bien conçus, avec lesquels il n'y a jamais aucun problème (et que mon orteil sent la mangue). Ah, et coloc n'a pas laissé de balais-brosse en partant, mais un pseudo balais-serpillère swiffer super mauvais pour l'environnement et qui ne fonctionne pas, ce fut l'occasion de s'en rendre compte.

mardi 22 avril 2008

On croit vraiment rêver

Souvenez-vous, c'était il y a un peu plus de quatre ans.

Ce week-end, la plupart de mes collègues étaient à un atelier de travail des sociétés allemandes et autrichiennes de mon domaine. Dialogue lundi matin :

<Elle> Hi! We saw a former student of yours this week-end, she's working in Germany now.
<Moi> Ah yes, I heard she would be there, it's such a small world heh?
<Elle> Yes, she told us she went to your flat to play videogames, it's a bit strange to do that with your student.
<Moi> Well, we were just neighbours at this time, so it's ok.
<Elle> Yes it's true; (regard malicieux) oh and she told us your nickname!

Et c'est la même étudiante bien entendu. Je passe sur les détails de mon air mi-effondré, qui fait tout de même confiance à cette collègue pour ne rien répéter, puis qui me dit qu'une autre collègue était là, qui elle je le sais ne se privera ni pour en tirer les informations les plus compromettantes possibles et se foutre de moi, ni pour propager la bonne parole; je passe enfin sur mon air 100% effondré, et sur la même collègue qui me console "it's ok, it's not a too bad nickname" du genre "allez un accident ça arrive, c'est pas grave".

vendredi 18 avril 2008

La vérité sur les chiottes teutons

Parce que looser aux chiottes est un thème incontournable et universel, il faut en parler ici. Céder à la facilité n'est cependant pas dans nos pratiques ; les écueils du manque de papier, de l'éclaboussure et de l'explosion de caca seront donc évités. Place à la vérité sur ces chiottes présents en Allemagne et Autriche (et certaines enclaves germanophones en France), également connus sous le nom de chiottes à surplomb à caca.

Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître, il s'agit de chiottes dotés d'une plate-forme surélevée sur laquelle vient se déposer le caca. Le but avoué est d'éviter les éclaboussures : au lieu de tomber dans un fracassant plouf et de maculer les fesses d'eau à la propreté douteuse (mais potable), le caca se dépose en douceur sur la plate-forme. Ça, c'est la théorie ; dans son souci de progrès permanent de la condition humaine, l'Art de la Loose vous révèle aujourd'hui (today, en Anglais) les réalités de la pratique. Tous les expériences mentionnées ont été vécues.

On peut d'entrée réfuter l'argument de l'éclaboussure : l'expérience de nombreux bloggeurs a montré que du papier-toilette judicieusement placé évite ces mêmes éclaboussures sur un chiotte traditionnel. Deux feuilles posées à la surface de l'eau suffisent généralement à modifier son élasticité comme il convient, et avec de l'expérience, on peut s'en sortir avec une seule feuille. Que des générations d'ingénieurs en chiottes aient conçu des plate-formes toujours plus performantes, sans jamais penser à simplement poser une feuille, me dépasse furieusement et me donne aussi un peu envie de mourir. Maintenant que nous savons que le chiotte teuton a très exactement zéro avantage sur le chiotte classique, passons à la liste des récriminations.

  1. L'odeur (pas de bruit, dommage). Il s'agit d'un des plus fréquents reproches ; le caca reste à l'air libre, et ça fouette sa race. De plus l'odeur est persistante (allez savoir pourquoi). Une solution consiste à tirer la chasse aussitôt que la crotte est faite, puis une seconde fois après l'essuyage. C'est cependant peu satisfaisant, car la consommation d'eau se trouve doublée. De plus, les probables traces (nous y reviendrons) ont un potentiel fouettatoire non négligeable.
  2. La vue. C'est l'autre reproche très fréquent. Les gens se plaignent que l'on voit le caca, triomphant sur sa plate-forme. Je considère que cette formulation est erronée - en réalité, le caca nous regarde, ni plus ni moins. Il nous juge, il pénètre notre conscience et notre dignité, pour essayer de les pervertir puis de les briser (en vain). Ce tête-à-tête est tout simplement insupportable.

Nous attaquons maintenant la liste des récriminations dont personne ne parle ; vous allez comprendre pourquoi.

  1. L'évacuation. Le fait que le caca soit en contact avec une surface solide augmente le frottement, et rend plus difficile le drainage. Cela arrive cependant peu souvent, et une seconde chasse suffit généralement à régler le problème, du moins jusqu'au point suivant.
  2. Les traces. Surprise, une crotte étalée sur une plate-forme d'émail blanc, puis trainée sur toute sa longueur par la chasse d'eau, ça laisse des traces ! En général, bien longues et bien fouettantes. L'usage du balai à chiotte est quasi-systématique. Là encore, il existe une solution non satisfaisante, consistant à tapisser le chiotte de papier. Littéralement, vu que la taille et la forme de la crotte, puis sa trajectoire, sont absolument imprévisibles. On pourra cependant tirer profit de ces traces, en y lisant l'avenir comme dans le marc de café.
  3. Les dimensions. Certainement le pire du pire : que faire quand la crotte est trop longue pour tenir entre l'anus et la plate-forme ? Ça n'arrive jamais me direz-vous, et bien SI ! Et pas qu'une fois. Dans ces cas-là, deux possibilités : soit on s'en rend vite compte et on agit comme on peut, soit on s'en rend compte un peu moins vite mais vite quand même, quand on sent un truc chaud caresser l'intérieur de la cuisse en tombant (fail). Quand on a la "chance" de s'en rendre compte suffisamment tôt, le seul réflexe consiste à surélever le cul afin de maintenir une distance de sécurité. On n'est cependant pas tiré d'affaire, car la crotte va désormais tomber de plus haut que prévu ; si sa taille est plus grande que la distance entre le point de contact crotte-surplomb et le bord du chiotte, on est dans la merde (re-fail). Ça n'arrive jamais me direz-vous, et bien SI ! Et pas qu'une fois. Naturellement, le fait d'être en équilibre en forçant sur ses quadriceps n'aide en rien.
  4. Last but not least, le pipi masculin. C'est clairement une mauvaise idée de pisser debout face à un tel adversaire. La solution existe, et est satisfaisante : il suffit de pisser assis. Élémentaire me direz-vous, eh bien on trouve quand même des abrutis pour y aller debout. Re-surprise, quand on pisse vers une quasi-plate-forme horizontale, ça rebondit et jaillit de toutes parts !

Vous l'aurez compris, ces chiottes teutons ne représentent que des emmerdements.

lundi 14 avril 2008

Never Too Loud

Amis du rock'n'roll bonsoir ! Dans notre série "Y'a des artistes que j'ai vraiment très envie de voir en concert", L'ADLL vous propose aujourd'hui son unique épisode, vu que j'ai eu la flemme de poster suite à Stereo Total et aux Pixies. Autant vous prévenir tout de suite, si vous voulez savoir qui a gueulé sa race en faisant des gestes indécents avec sa langue hier soir (le tout pour 15 €), vous allez devoir sauter quelques paragraphes (sauf si vous connaissez le titre du dernier album).

À peine arrivés dans la salle, madame veut aller aux toilettes (ça a son importance), donc je poireaute devant la porte. La synchro entre sortie des chiottes et début de la première partie est presque impeccable, et on arrive devant la scène quelques secondes après le début de la première chanson de Grim Skunk. Et là, d'entrée, c'est tout simplement excellent. La salle est un peu endormie, les spectateurs arrivent doucement, mais ça ne change rien au fait que les gens qui jouent devant nous ont la patate, des compos excellentes, et ont l'air de fous furieux qui gueulent leur race avec talent, tout ce qui fait un bon concert rock. Mention spéciale au pianiste/chanteur avec ses airs de psychopathe déguisé en premier de la classe. D'ailleurs c'est peut-être pas que des airs. C'est bien simple, j'ai acheté le CD en sortant (et bien sûr il est décevant comparé à la formidable performance scénique, mais c'était inévitable).

Ils partent trop tôt bien sûr, et place à l'attente entre première et seconde partie (trois parties en tout). On commence à se demander qui peut bien être cette seconde partie, à bailler, à voir le matériel débarquer, et notamment une guitare à paillettes. Je me dis "putain on va quand même pas se taper M à un concert de rock", mais réalise que je ne peux partager cette réflexion avec personne, car il est totalement inconnu du public viennois. Finalement, trois personnes arrivent sur scène, et un mix de Punky Brewster et Courtney Love chope la guitare pailletée et nous lâche "Good evening Vienna, we are Die Mannequin". C'est à ce moment précis que se glisse à mon oreille un "Oh wait I saw her in the toilets, she was putting on some make-up the whole time I was there". Punky attaque à la gratte pendant que les deux autres se mettent en place, pose son pied sur l'épaule du mec de la sécurité qui la jette, elle s'en fout, escalade les enceintes sur le bord de la scène, et ça joue, ça crie, y'a de l'énergie, le jeu de scène semble tout d'abord un peu puéril mais s'impose finalement et devient franchement excellent, notamment lorsqu'elle va avec son micro puis avec sa guitare (la seconde, ornée d'une photo de chaton mal découpée) dans le public, qui a aussi le droit d'utiliser le micro et la guitare. Le seul défaut est la qualité des compos, franchement chiantes, et pendant un bon moment on s'emmerde quand même beaucoup. Mais la qualité va crescendo, et à la fin je regrette que ça s'arrête alors que je commençais à énormément apprécier, cela malgré une très mauvaise impression de départ. Peut-être qu'attaquer avec des chansons moins speed que le groupe précédent a influencé l'impression en question.

La vraie attente, celle de la star du soir, commence alors dans l'impatience générale. Les gens commencent à faire les relous et à essayer de s'incruster devant (alors que 3 secondes de pogo suffisent, manque d'expérience les gars). Après une éternité qui a bien duré 20 minutes, (roulement de tambour) Danko Jones débarque sur scène et entame avec bien sûr la première du dernier album. Raconter la suite en détails n'est pas intéressant, ce concert était simplement à la hauteur de mes attentes, qui étaient fort hautes. Du gros son (mais pas trop, cf titre), de la violence, du pogo, du slam, et du school sucks, le tout s'arrêtant bien sûr beaucoup trop tôt. Mention spéciale à tous les fanboys que je ne supporte plus, je dois mal vieillir, ok le gars qui est sur scène nous fait passer un super moment, mais il reste un être humain, pas un dieu. Dans vos chattes à tous, vos mères sortent le briquet téléphone portable pour Where is my Mind en enfer. Mention spéciale aussi à l'abruti qui headbange comme un taré, ce que j'accepte et encourage, mais qui en plus balance violemment sa tête et tout son corps en arrière, forcément ya mon nez au milieu. Connard[1].

Enfin, il convient de souligner que mes lunettes au passif fort à-propos sont tombées dans une porcherie au sol vers la fin du concert. Je me suis calmement baissé, confiant que je les retrouverais intactes dans les secondes suivantes, ce qui est exactement ce qui s'est passé. Le seul gars autour de moi qui se soit rendu compte de leur chute a halluciné quand il m'a vu tâtonner trois secondes, me relever, les épousseter et les arborer à nouveau sur mon visage. À y réfléchir, c'est probablement le calme et la sérénité avec lesquels j'ai géré l'incident qui l'ont troublé. Ces lunettes nous enterreront tous.

Notes

[1] Au bout d'un moment le vide s'est formé autour de lui ; en France, je pense qu'il se serait fait frapper.

Le ticket de métro le plus mal utilisé du monde

Contexte : on sort d'un Heurigen[1] qui m'avait habitué à mieux, il est environ 23:00. On prend le bus pour deux stations, puis on sort.

<kwyxz> Ah merde, deux stations à 23h, c'est le ticket le plus mal utilisé du monde !
<moi> Ah en effet, en plus au pire on aurait pu marcher dix minutes, mais de toute façon à cette heure-ci les contrôles...
<kwyxz> Bon ben tant pis. (jette son ticket de bus/métro)

Suit une discussion d'environ 15 secondes.

<kwyxz> Ah putain on reprend le métro en fait ! C'était vraiment le ticket de métro le plus mal utilisé du monde ! (sort un autre ticket)

Notes

[1] Cette vision est complètement fantasmée et correspond plutôt à une caricature de mauvais Heurigen, le genre d'endroit où les Viennois ne vont pas.

samedi 15 décembre 2007

Le manque de précaution qui ne pardonne pas

Fan de la première heure d'xkcd, je me suis enfin décidé à franchir le pas de la commande sur leur boutique en ligne (que je vous recommande).

Premier obstacle : le paiement se fait uniquement par Paypal. Pas de bol, le compte bancaire lié à mon compte Paypal est proche de la limite de x quand x tend vers -300. Qu'à cela ne tienne, je le réapprovisionne tout de suite via le web, trois jours c'est pas la mort, je suis un adulte je peux attendre (un jour, la version non censurée de cette phrase).

Trois jours plus tard, le compte est approvisionné, je m'apprête à finaliser ma commande. Second obstacle : xkcd ne permet pas de spécifier une adresse de livraison, et prend uniquement les adresses fournies par Paypal. Pas de souci, allons éditer les adresses sur mon compte Paypal, faisons le ménage dans tout ce qui n'est plus valide, etc. Ah tiens, on peut tout changer sauf le pays, mon adresse doit obligatoirement être en France, vu qu'elle est liée à un compte bancaire français (pratique pour faire un cadeau à un ami vivant à l'étranger). Essayons donc de trouver une solution à ce ridicule problème ! L'aide en ligne et le formulaire de dépôt de question à un conseiller sont là pour m'aider. Tiens, ma question courte et en Français a en fait été analysée pour trouver une réponse automatiquement (sans succès bien sûr, si on avait un moyen fiable de lexer/parser la langue naturelle et d'en extraire les informations sémantiques avec précision et succès ça se saurait). Je laisse ici le lecteur imaginer tout mon ressentiment sur la modernisation des services pour mieux répondre aux besoins du consommateur qui doit en réalité être traduit par disparition des services et grosses marges. Il y aurait beaucoup trop à dire, et de toute façon le lecteur en question à environ une chance sur deux d'avoir voté Sarkozy, donc je n'ai que ce qu'il mérite.
Je finis tout de même par repérer un bouton pour poser une question à un vrai humain, en tout dernier recours, une fois que l'analyse de mon message a bien montré qu'elle ne servait à rien (la loi les y oblige probablement). Annonce est faite que chaque question est traitée en 24h maximum, ce qui me réjouit, et je pose donc ma question le plus clairement et succinctement possible.

Une semaine plus tard, sans nouvelles, j'envoie un mail à la boutique xkcd pour leur expliquer mon problème. Je reçois une réponse dans la journée, que voici : "Immediately after you place your order, email me the new address and the transaction ID.". Mon coeur bondit de joie, et je m'exécute. Lorsque je tape mon adresse, je termine par "Austria". Dialogue:

<Moi> Should I add "the one in Europe" between parenthesis ? I heard it happens sometimes that people mistake Austria with Australia, especially in the U.S.
<Elle> No it's xkcd, they're cool and intelligent, you don't need to.
<Moi> Yes you're right.

Quelques heures plus tard je reçois un mail de confirmation (écrit par un humain). À cet instant précis, tout va bien.

Quelques jours plus tard, je reçois deux mails de confirmation (générés automatiquement), m'indiquant que la commande a bien été expédiée (deux colis séparés). Tout va toujours bien, je les garde précieusement sans les lire jusqu'au bout.

Encore quelques jours et je reçois une réponse à ma question d'adresses hors de France, de Paypal. Cela fait environ 10 jours que j'ai posé ma question. Puis un second mail arrive, qui me demande si je veux bien remplir une enquête de satisfaction sur le service rendu, avec un lien vers une url avec formulaire à remplir etc. Et avec surtout en prime et texto: LE LIEN EST VALIDE 5 JOURS. Bin ok les gars, je verrai dans 10 jours si je peux répondre.

Encore quelques jours et je me rends compte que je n'ai jamais complètement lu les mails de confirmation d'xkcd, et que si ça se trouve en fait c'était juste pour me dire qu'il y avait un problème avec ma commande. J'ouvre donc ces mails, lis que ma commande a bien été expédiée, vérifie l'adresse, tout va bien c'est ma rue en Autriche, le style (numéro après rue/numéro de porte) est respecté, le code postal est bon, le pays... Australia.

jeudi 30 août 2007

Parce que ça commence à bien faire

À une époque, la Terre était peuplée de beaucoup de gens pauvres, d'une minorité de riches, et parmi eux, d'une toute petite minorité de geeks, qui se tapaient une honte permanente de par leur simple existence. Explosion de l'informatique et d'Internet oblige, tout cela a été bouleversé dans les douze dernières années. Il y a toujours beaucoup de pauvres et une minorité de riches, et parmi eux une infime minorité de geeks ; mais désormais il existe également ce que j'appellerai ici la communauté des pseudo-geeks, qui eux ne se tapent pas du tout la honte, et sont au contraire plutôt hype ; ils sont à fond dans ce qui est désormais connu sous le nom de "sous-culture geek", et qui est en fait un gros plan marketing (qui marche super bien puisque la plupart ne s'en rendent pas compte). L'ennui c'est que ça devient n'importe quoi. Wikipedia prétend que le terme évolue et qu'il existe plein de catégories de geeks, long texte à l'appui, par exemple des gamer geeks. Là encore, il y a un souci. S'il est vrai que certains termes évoluent, on ne peut pas non plus tout accepter, sinon on finit par dire que Nirvana et Offspring c'est du Punk et qu'Avril Lavigne fait du Thrash.

La position officielle de L'Art de la Loose est très claire là-dessus : There is no such thing as a gamer geek. Ou alors Zidane est un football geek, Paul Bocuse un cooking geek, Sarkozy un talonnettes geek et mon cul un caca geek. Je me cantonnerai donc ici à une version élargie et modifiée de ce que Wikipedia appelle les computer geeks, et qui mérite probablement le qualificatif old school, ou plutôt 0ldSk00l (je vous l'ai faite lisible, de toute façon le l33t sp34k c'est plus du tout geek depuis que les pseudo-geeks connaissent). Un geek, c'est donc quelqu'un qui est passionné d'informatique et potentiellement de sciences en général, et qui passe une très grande partie de son temps sur son ordinateur à essayer d'en tirer plus que ce qui lui a été vendu. Par exemple, acheter des gadgets hors de prix sur thinkgeek ou iwantoneofthese ne fait pas de vous un geek (mais une cible parfaite du plan marketing sus-cité). Bien entendu d'autres activités sont également recevables, comme apprendre à parler Klingon, ou encore construire un robot qui vous permettra de dominer le monde et de battre Kasparov aux échecs, mais je me cantonnerai ici à ce dont je peux parler, à savoir l'informatique (à l'exception de quelques débordements). Dans un souci d'intérêt général, L'art de la Loose vous propose donc d'apprendre à discerner les geeks des imposteurs, et ce grâce à trois listes de critères, que vous pourrez également nommer "putain de listes d'élitiste de merde". S'en suit une FAQ.


1. Les critères disqualifiants :

  • Ne pas avoir accès à un ordinateur.
  • Consacrer moins de huit heures par jour (en moyenne) à son geekisme : sur l'ordinateur, dans des bouquins, derrière un microscope, en train de construire un laser surpuissant, etc.
  • Ne jamais utiliser de système d'exploitation non convivial.
  • Connaître moins de quinze commandes Unix de deux lettres (les plus anciennes !).
  • Passer plus de temps à jouir de son ordinateur (jouer, regarder des films, lire des blogs) qu'à y "travailler" (au sens geek : programmer, chercher des failles et comment les exploiter, scripter pour récupérer toutes les vidéo de thehun en une seule commande, etc). Lire ce post diminue vos chances d'être geek.
  • Avoir utilisé moins de dix langages et trois paradigmes de programmation.

2. Les critères non qualifiants :

  • Être "celui qui s'y connaît en informatique".
  • Télécharger plein de jeux/logiciels payants sans les payer (cela fait juste de vous une goutte dans l'océan).
  • Claquer un max en gadgets thinkgeek.
  • Avoir un serveur sous Linux.
  • Être pour les logiciels "libres" (si quelqu'un peut m'expliquer ce qu'est un logiciel prisonnier, je suis preneur).
  • Passer énormément de temps devant vos écrans.
  • Travailler "dans l'informatique" (développeur, administrateur système, etc).
  • Avoir lu plein de bouquins O'reilly (geek et employé modèle c'est pas pareil).

3. Les critères qualifiants :

  • Avoir de grosses lunettes.
  • Avoir de l'acné.
  • Avoir hacké un service internet (web, ftp, irc, etc).
  • Avoir utilisé une carte bancaire sans la voir ni sans connaître son/sa propriétaire.
  • Avoir pratiqué le phreaking.
  • Avoir obtenu un rootshell sans y être autorisé.
  • Être capable de tenir une discussion sur les langages de programmation plusieurs heures.
  • Connaître la blague des trois développeurs (n'importe laquelle).
  • Savoir pourquoi automake/autoconf c'est le mal.
  • Être persuadé que tout ce temps investi dans le geekisme n'est pas du temps perdu.
  • Être fortement agacé par la fuite en avant vers le convivial.
  • Savoir pourquoi "Software is like sex" alors que l'ensemble de ses partenaires sexuels se compte sur les doigts de la main droite.

F.A.Q.

Question : Mais alors, ça veut dire qu'un geek c'est un gros asocial qui fait plein de trucs super chiants et durs, et qu'il trouve ça passionnant ? Doit pas y'en avoir beaucoup des vrais...
Réponse : Merci de le rappeler, les gens ont tendance à l'oublier.

Question : Je ne comprends rien aux intitulés des listes, comment les utilise-t-on ?
Réponse : Cela veut simplement dire que tu n'es ni geek, ni capable de déceler les vrais des imposteurs. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.

Question : Hey tel critère super important est oublié dans ta liste !
Réponse : C'est fort possible, ces listes ne sont pas exhaustives.

Question : Comment ces mecs (soyons sérieux) peuvent espérer choper ?
Réponse : C'est un mystère pour la science, mais bizarrement aucun geek ne s'y est jamais intéressé.

Question : Que fais-tu des ex-geeks qui ont grandi ?
Réponse : Geek un jour, geek toujours.

mercredi 11 juillet 2007

Vocabulaire

Avertissement : ce post n'a rien à faire sur ce blog.

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mardi 17 avril 2007

Le monde est mal fait (post sans chute)

En France, certaines stations-service ont installé des distributeurs de gants en plastique, afin de ne pas se salir en faisant le plein. En effet, les poignées sont souvent pleines d'essence. Cependant, il s'agit d'une bonne idée qui ne sert à rien, puisque la plupart du temps ces distributeurs sont vides.

En Autriche, ces distributeurs sont toujours pleins, et je subodore qu'ils sont vérifiés plusieurs fois par jour. Bien entendu, les poignées sont toujours impeccables, donc ça ne sert strictement à rien non plus.

mercredi 11 avril 2007

Injustice flagrante

[13:53:19] George Bush says:
bon

[13:53:33] George Bush says:
j'ai une copine grecque qui rale parce qu'elle veut pas george bush dans sa friendlist

[13:53:41] Plancton says:
haha

[13:53:43] George Bush says:
elle a un peu de mal avec le second degré

[13:53:48] George Bush says:
(et elle connait pas brassens)

[13:54:12] Plancton says:
c'est pas juste, nous, on connait nana mouskouri

Guet-apens

Quand on emménage, il est normal de se prendre des PV liés au stationnement pendant les premiers jours. Mon don naturel pour tout ce qui relève du sens pratique et du concret fait que dans mon cas, ce délai atteint quelques semaines. Je pensais néanmoins en être sorti, mais des circonstances inhabituelles m'ont remis sur les rails de la Loose.

Résumé des circonstances inhabituelles : je me suis garé sur une place en stationnement payant lundi soir, mais après 20h, donc gratuitement. En ce qui concerne mardi matin, je prévois de déplacer la voiture en repartant, et ce vers une zone non-payante, proche de la station de métro. Un coup de fil est censé sonner mon départ. Seulement voila, le coup de fil arrive bien plus tard que je ne l'escomptais.

Je quitte finalement mon domicile peu après 10h, et aperçois à travers les vitres de la voiture quelque chose sur le pare-brise (j'arrive par l'arrière de la voiture). Je redoute le PV, et ne crois pas vraiment à un prospectus ; pourtant, c'est probablement la seule situation dans laquelle je serais heureux d'être victime de publicité. Finalement, j'arrive sur le côté du capot, ce qui me donne une précision suffisante pour déterminer ce qui est glissé sous l'essuie-glace.

À ce moment précis, je tourne le dos à l'immeuble dont je viens de sortir, et je suis face à la rue, dont ma voiture me sépare. Je cesse alors d'avancer pendant une seconde[1], et fixe le petit rectangle blanc enveloppé de plastique.

À l'instant t je réalise qu'il s'agit d'un PV. Avec une simultanéité dont je ne reviens toujours pas, j'entends un ploc dont je ne peux localiser la source.

À t + 0,1 seconde, je vois une grosse goutte finir sa chute sur mon capot. Avec une simultanéité époustouflante, j'entends plusieurs autres ploc, dont un à quelques centimètres de mon dos.

À t + 0,2 seconde, je réalise que la goutte en question produit une tache blanche sur le capot vert foncé.

À t + 0,3 seconde, je réalise ce qui est en train de se passer. Avec une simultanéité absolument diabolique, je sens une grosse goutte s'écraser sur mon front, et s'étaler verticalement jusqu'à atteindre un certain dénivelé.

À t + 0,5 seconde, je vois le pigeon s'éloigner, après un envol du toit de l'immeuble qu'il qualifierait certainement de parfaitement réussi. Il ne dit rien, car les mots sont inutiles entre nous. Son piège a parfaitement fonctionné.

Notes

[1] Il ne s'agit pas simplement d'une expression, mais bien du temps réel écoulé