L'art de la Loose

vendredi 15 mai 2009

Ne pas s'emmerder au bureau, leçon 943

Que faire quand on a rien à faire mais qu'on doit faire semblant de faire quand même ? Ou bien quand pour tous les projets en cours, la balle est dans le camp de vos collaborateurs ? Aller faire caca avec sa DS est une solution, mais ça devient rapidement louche. Gardant à l'esprit un souci d'aptitude à l'utilisation pratique, sans toutefois sacrifier les apparences (i.e. donner l'impression qu'on bosse), l'Art de la Loose vous propose aujourd'hui de tuer 10 minutes de plus dans la succession de pauses café qu'est votre journée. Le thème du jour : vous moquer de la médiocre qualité d'un "logiciel" de traduction. Le support utilisé est le widget "Translation" d'Apple, fourni avec Mac OS ; j'imagine toutefois qu'il existe des équivalents pour d'autres systèmes d'exploitation, ou en version web. Ce widget a cependant le mérite de fournir un bouton "swap", qui permet d'échanger les langues d'origine et de destination de la traduction. Bien que ce ne soit pas l'utilité première de ce bouton, il permet de retraduire directement le résultat dans la langue d'origine. Avec un succès variable.

Le "jeu" consiste alors à trouver un mot de départ générant la chaîne la plus longue possible de traductions différentes, le tout en maximisant le facteur absurde. L'illustration graphique précédente est par exemple issue de la chaîne suivante, démarrant en Français et alternant avec l'Anglais : coq -> cock -> robinet -> tap -> prise-> catch -> crochet -> hook. Ensuite hook est retraduit par crochet et la fête est finie[1]. Pour trouver une chaîne de longueur correcte, rien de tel que de commencer par un nom commun. Prenons le même mot en Français, puis sa traduction correcte en Anglais :

- biche -> is tickled pink -> est le rose chatouillé -> it pink is tickled -> il rose est chatouillé -> he pink is tickled -> il dentellent est chatouillé -> it notch is tickled -> il entaillent est chatouillé puis on boucle.
- doe -> daine -> floor -> plancher est moins spectaculaire mais tout de même, doe -> plancher quoi.

On peut aussi rapidement établir que cane -> duck -> canard, et que donc une cane est en réalité un canard, ce qui est beaucoup moins drôle (mais la blague précédente était tellement fantastique que rebondir était périlleux).

Un autre exemple assez surréaliste, commençant en Français : plot -> stud -> goujon -> pin -> broche -> stitch -> point -> not -> pas. Bien entendu ça peut durer des heures, mais je vous prédis une lassitude poignant après 10 minutes. Les plus désœuvrés finiront peut-être par écrire un script, essayant tous les mots du dictionnaire et mesurant la longueur de chaque chaîne. Un conseil pour améliorer les performances de votre script : pensez à éliminer les mots apparus précédemment dans une chaîne.

J'invite le lecteur[2] en panne de motivation à me faire part de ses trouvailles en commentaire. Et voici mon préféré pour la route ; ça commence en Anglais : absurd -> absurde -> absurdity -> absurdité -> nonsense -> contrôle par totalisation -> sum check -> contrôle de somme -> control of nap -> commande de petit somme -> order small nap -> petit petit somme de commande -> small small nap of command -> petit petit petit somme de commande puis on arrive dans ce qui s'apparente fort à une récursion sans cas d'arrêt.

Notes

[1] Je parie sur une apparition du keyword "Cock Robin" dans mes stats pour les prochains mois.

[2] L'absence de pluriel n'est pas une figure de style, mais une estimation précise.

lundi 27 avril 2009

La Haute-Autriche, l'autre pays des radins

On connaît la légendaire radinerie des Écossais, la répugnance à la gratuité des Néerlandais. Cette semaine, et dans sa série "les préjugés stupides", l'Art de la Loose a visité pour vous la Haute-Autriche, région du "nord" de l'Autriche. Compte-rendu.

La capitale de région de la Haute-Autriche est Linz. Linz est principalement connue pour son activité industrielle, et si vous dîtes à un Autrichien que vous allez faire du tourisme à Linz, il y a des chances pour qu'ils vous rie au nez. C'est cependant un peu injuste, car le centre historique est bien isolé de la zone industrielle, et s'y promener est très agréable. Parmi les spécialités de Linz on trouve la Linzertorte, gâteau pas spécialement léger, et toutes sortes de Linzer*, consistant généralement en un mélange de * avec de la confiture. Il n'existe heureusement pas de Linzer thon à la catalane. À Linz comme partout ailleurs, on trouve une salière et une poivrière à table au restaurant. Et comme à beaucoup d'autres endroits, on glisse quelques grains de riz dans la salière pour se prémunir de l'humidité (pourtant inexistante, l'air y est très sec). Sauf qu'à Linz, le sel ça coute trop cher ; alors on réduit les dépenses comme on peut.

Un peu plus au sud, on trouve Steyr, charmante bourgade à la croisée de deux rivières, l'Enns et la Steyr. Il existait déjà une autre ville nommée Enns, donc le choix du nom de la ville s'est imposé naturellement (version absolument pas vérifiée). Steyr est une petite ville, ce qui veut dire qu'un samedi soir tout est désert/fermé, sauf le restaurant chinois. C'est donc vers ce restaurant chinois, Mr. Chen, que votre serviteur s'est orienté pour se sustenter. Comme dans tous les restaurants chinois, si le pourboire est bon, on vous offre un petit cadeau à la fin (en général aux dames, et en général très kitsch). Chez Mr. Chen, ayant une assez faible tendance à la subversion, on offre une boîte d'ersatz de Monchéri. Sérieusement, je me demande qui peut bien encore acheter ce genre de choses, ça fait au moins depuis ma naissance qu'on sait que c'est dégueulasse, et je ne suis plus tout jeune ahlala ma brave dame et la crise, sans compter mes cors au pied mon genou cagneux et ma vilaine bosse au niveau de l'omoplate gauche, quel gibous[1] je fais. Toujours est-il que c'est bien agréable de recevoir un cadeau, fut-il pourri. Enfin, c'est agréable jusqu'à un certain point. Plus précisément, jusqu'au point du retournage de paquet. Faut pas croire, des faux Monchéri ça coûte cher, on jette pas comme ça. On admirera au passage l'audace du colleur d'étiquette qui se la joue "pas vu pas pris" et y croit manifestement.

Continuons notre excursion touristique vers le sud pour sa dernière étape, Losenstein. Il s'agit d'un village suffisamment petit pour ne pas être mentionné dans le guide du Routard, mais possédant néanmoins une attraction touristique de taille : des ruines datant du moyen-âge. Ces ruines constituant le seul attrait touristique du village, elles sont relativement mises en valeur. On trouve ainsi un parking spécial touristes dans le village (6 places) et des panneaux indiquant les ruines. Divers pavillons y sont hissés et claquent au vent, donnant au tout un certain charme. On y trouve même des toilettes publiques, régulièrement approvisionnées en papier propre. Seulement voilà, une cuvette ça coute cher.

En résumé la Haute-Autriche c'est bien, allez-y. Mais allez-y prévenus.

Notes

[1] ce cours de Nissart vous est gracieusement offert car Linz est la capitale culturelle de l'Europe cette année. Notez que la traduction est mauvaise, "cantoun" signifie "chemin", pas "coin".

mercredi 15 avril 2009

Les panneaux pittoresques des trains Bruxellois

Aujourd'hui, "Défense de fumer 2 cigarettes en même temps (même si on est 15)"

jeudi 19 mars 2009

De l'importance médiatique de la grève en France et à l'étranger

En cette soirée du 19 mars 2009, journée de forte mobilisation sociale en France:

(Pour ceux qui ne comprennent pas du tout l'Allemand, ça veut dire "Des millions de Français protestent contre la gestion de la crise par Sarkozy")

vendredi 13 mars 2009

Grosse conne !

Je lisais ça, et de fil en aiguille ça m'a rappelé l'existence de cette chanson. Je laisse chacun évaluer à quel point ça lui semble à-propos.

lundi 9 mars 2009

Savoir looser en toute circonstance

Leçon 546 : looser en ouvrant un paquet de müsli.

Je regrette amèrement de ne pas avoir eu de caméra spéciale ralenti pour filmer tout ça, l'explosion était fort jolie. Pour les curieux, voici en quoi s'est transformé le paquet en une fraction de seconde.

samedi 24 janvier 2009

Le test pas du tout sponsorisé du Quickbed double de Campingaz

Dans un souci d'intérêt public, L'Art de la Loose teste aujourd'hui pour vous le matelas pneumatique pour deux personnes "Quickbed double" de Campingaz. Ce post n'est pas sponsorisé, je passe sur le manque de clairvoyance de Campingaz à ce sujet.

Ce matelas pneumatique mesure 137x188 cm, ce qui est supposé permettre à deux personnes de dormir dessus. J'imagine que les tests ont été réalisés à Fort Boyard il y a 20 ans, avec Sophie Davant et Passe-Partout. Comme c'est un matelas pneumatique les bords sont arrondis, donc les dimensions sont à réduire par rapport à celles d'un lit normal. J'ajoute que dans une tente trois places normale (c'est-à-dire pour deux personnes), on pourrait ajouter dix centimètres de chaque côté que ça rentrerait encore, ces dimensions ridicules sont donc absolument injustifiables. Cette histoire de tente nous permet d'ailleurs de soulever deux points importants de l'histoire de notre civilisation :

  1. En camping, toutes les dimensions sont prévues pour des nains ou des enfants, sans justification apparente. Le matelas prend déjà pas mal de place, 10cm de plus ou de moins, après pliage, ça ne changerait rien.
  2. Plus généralement dans tout ce qui est commercial, les quantités indiquées le sont pour des enfants malnutris. Ça vaut pour le nombre de places dans une tente, mais aussi pour le nombre de personnes qu'une barquette de tortellini est supposée nourrir. Tarace le marketing.

Une fois le matelas déplié, il faut le gonfler. Rien à redire, c'est chiant mais ça fait partie du deal. Une fois le matelas gonflé, on peut s'endormir dessus, et en toute honnêteté si c'est bien gonflé, c'est plutôt confortable (mais étroit). On note ici le revêtement en "velours" du côté dormeur, censé améliorer le confort. Parlons-en. J'imagine ici deux situations:

  1. Il fait froid, donc on utilise un duvet, donc le "velours" ne sert à rien.
  2. Il fait chaud, on gît à poil sur le matelas, le "velours" gratte et tient encore plus chaud. À mort.

Naturellement, l'utilisateur paie pour ce revêtement en "velours", puis il paie encore un peu plus pour le marketing lié à ce revêtement.

On l'a vu, pour peu qu'il fasse froid, s'endormir est confortable. Le réveil est une toute autre affaire, puisque le matelas se dégonfle (partiellement) pendant la nuit. Un matelas neuf. Par quelle magie de l'air arrive à sortir d'un conteneur supposé étanche sans pratiquer d'ouverture sur ledit conteneur, je l'ignore. Toujours est-il que chez Campingaz on investit pour des revêtements en "velours" à l'utilité discutable, mais on est pas foutus de faire un matelas qui ne se dégonfle pas tout seul. Bravo les gars, pour des leaders de l'équipement de camping, vous êtes à la hauteur.

Nous arrivons donc à la dernière phase d'utilisation de ce matelas : le replier et le ranger dans son carton. Franchement, ça se complique. Bien entendu le caoutchouc côté sol est un nid à poussière, le cauchemar de tout asthmatique qui se respecte. Mais ce n'est rien à côté du revêtement confort en "velours" qui dépasse les rêves des pires fétichistes de la poussière du monde. Bien entendu en repliant le matelas les deux revêtements entrent forcément en contact, c'est inévitable et conçu pour ! Du coup on retrouve de la poussière plein le velours après la première utilisation, et tous les aspirateurs du monde n'y changeront plus rien, c'est foutu de la bite. Mais tout cela suppose que vous ayez réussi à replier le matelas.

Car chez Campingaz, on est pas des abrutis. Du coup, on ne plie pas les matelas en quatre, ce serait beaucoup trop simple. Il y a sans doute une excellente raison pour laquelle c'est nul de plier en quatre, et peut-être même un génial concepteur derrière cette excellente raison. Non, chez Campingaz, on plie les matelas en cinq. Je vous épargne le speech sur le bien-fondé de choisir un nombre premier pour cette tâche. Je n'irai pas par cinq chemins : c'est absolument impossible de replier le matelas comme à l'origine, même en suivant les plis. J'ai essayé plein de fois, je n'ai jamais réussi, il y a toujours un bout qui dépasse (en revanche j'ai développé une nouvelle forme d'asthme). Le carton d'origine n'est donc pas là pour ranger le matelas dans un volume bien défini, c'est plutôt une sorte de borne inférieure du volume minimal que nécessitera votre matelas une fois replié. Exemple en photo. Ça n'a pas l'air comme ça, mais il s'agit d'un excellent résultat, fruit d'un pliage méticuleux, et il est impossible de tasser plus sans exploser le carton.

Le prix de ce magnifique objet est de seulement 27,99 €.

dimanche 21 décembre 2008

Les panneaux pittoresques au marché de Noël de Vienne

Aujourd'hui : "défense de chier déguisé en chien"

lundi 22 septembre 2008

Routine

Ma semaine dernière:

  • Lundi, il pleut et ma voiture prend l'eau. Genre 1cm de flotte sur le sol du siège passager, et fauteuil trempé. Je la ferai sécher en laissant le toit entr'ouvert, s'il ne pleut pas ça devrait aller en quelques jours.
  • Mardi, il pleut, PV, le GPS ne fonctionne plus, juste quand j'en ai besoin bien entendu (ça arrive 2 fois par an). Je découvrirai plus tard que c'est juste le cable d'alimentation trempé (il était dans la voiture) qui pose problème. Passage chez le "garagiste" (équivalent de Feu Vert ou Norauto) qui m'explique qu'il veut bien faire ma vidange, mais que pour la fuite je dois aller chez Peugeot. Le soir en rentrant je trouve un mot de coloc indiquant que le lave-linge n'évacue plus l'eau et se bloque. Et pour cause, la machine est pleine d'eau et de ses fringues.
  • Mercredi, il pleut, et je vais chez Peugeot; c'est ainsi que je me rends compte que ma voiture a du mal à démarrer à froid, alors qu'avant la vidange ça allait très bien. Pas de panique, elle n'a fait que 100 mètres depuis, c'est peut-être juste le premier démarrage. Chez Peugeot, on m'explique gentiment qu'il faut changer le toit ouvrant et que ça coûtera dans les 1000 euros, mais que comme c'est une vieille voiture c'est un peu con de claquer tout ça pour une fuite. Ce serait plus simple de sceller le contour du toit, par exemple avec du gros scotch. Manifestement, il est impossible de changer juste le joint. Le soir, je m'occupe de la machine à laver, c'est-à-dire que je vide la salle de bains de tout ce qui est au sol, puis je vide la machine de son eau (je deviens bon pour tout ce qui est écopage), puis je tente un truc, je vois que ça foire, et je la re-vide et je recommence. Plusieurs fois. Le filtre, bien que super chiant à atteindre, est parfaitement propre.
  • Jeudi, il pleut et nous appelons un service de dépannage pour lave-linge, et prenons rendez-vous pour lundi (aujourd'hui). Problème : il me reste 3 caleçons, et je dois partir deux fois 3 jours la semaine 'prochaine' (càd cette semaine).
  • Vendredi, il pleut et ma voiture a décidément beaucoup de mal à démarrer à froid. De plus les boutons pour régler le chauffage ne sont désormais plus rétro-éclairés la nuit (on dirait pas mais c'est super chiant), et les essuie-glace n'essuient plus grand chose. Le soir je décide de faire un reset de mon iPod, vu qu'iTunes est super con et ne synchronise pas tout ce qu'il devrait. À la fin du reset je synchronise avec mes mp3 et je vais dormir (ça prend un certain temps).
  • Samedi, il pleut, il fait froid, et je suis réveillé par ce qui s'apparente fort au bruit répété d'une tête de disque dur qui se range. La raison : l'iPod n'arrive pas à démarrer, il affiche le logo Apple une seconde puis s'éteint, puis recommence, etc. Je tente le reset à la main, le vidage de batterie, rien n'y fait. Je verrai ça plus tard. Le souci de rétro-éclairage de la voiture n'est pas lié à un fusible, autrement dit ça va être super pénible à changer et je ne sais absolument pas le faire. Je vais finalement laver 3 tonnes de caleçons chez une collègue, et nous en profitons pour cuisiner ensemble. Je m'explose le doigt en coupant un oignon.
  • Dimanche, incroyable mais vrai, il pleut et il fait froid. Mon iPod est de pire en pire, les resets répétés ne changent rien, vider la batterie ne change rien, si seulement j'arrivais à le monter sur l'ordi je pourrais refaire un reset mais non rien à faire la putain de sa race. Par ailleurs ma chouette soirée billard+bière+junkfood qui était prévue a été annulée, et je n'ai rien à manger chez moi, que faire, mystère et boule de merde ? La solution consiste bien entendu à commander quelquechose, je ne bouge plus de chez moi, parfois il faut savoir éviter de trop défier le destin. Seulement voila je n'ai plus que deux euros en espèces ; pas de panique, sur sanswok.at il est clairement dit qu'on peut payer avec la visa, et de plus quand je commande via l'interface web ils me disent qu'ils vont me passer un coup de fil pour confirmer, donc je pourrai en profiter pour leur dire de prendre la machine à visa, au cas où. Finalement pas de nouvelles, j'en viens à me demander si ma commande a bien été passée, jusqu'à ce que soudain (le voici tel que je l'ai vécu live sur irc)
    20:52 <@toutankh> il est venu direct il a rien pour payer par carte et il parle ni anglais ni allemand

vendredi 19 septembre 2008

La politique en Autriche pour les nuls

Avant-propos: petit rappel des évènements de 2000, souvent mal compris. L'Autriche est une démocratie représentative à régime parlementaire, c'est-à-dire que le peuple élit des députés, qui eux-mêmes tentent de former une coalition majoritaire. Une fois qu'une telle majorité est formée, la coalition constitue un gouvernement. L'Autriche a ainsi été gouvernée par diverses coalitions depuis 1945, notamment des coalitions socialistes-conservateurs. Lors des élections de 1999, le résultat fût le suivant:

  1. SPÖ, Sozialdemokratische Partei Österreichs, 33,15% ("socio-démocrates")
  2. FPÖ, Faschistische Freiheit Partei Österreichs, 26,91% (trous du cul de Haider)
  3. ÖVP, Österreichische Volkspartei, 26.91% ("chrétiens démocrates", conservateurs collabos)

La tradition aurait voulu qu'une coalition entre socialistes et conservateurs se forme, comme souvent par le passé. Une coalition socialistes - trous du cul était impensable. Après des mois de tractation les négociations entre socialistes et conservateurs échouèrent en janvier 2000, puis en quelques jours les collabos conservateurs et les trous du cul trouvèrent miraculeusement des accords sur chaque poste ministériel, et formèrent un gouvernement.

Autrement dit, c'est la droite traditionnelle qui a collaboré avec l'extrême droite, ce qui a propulsé le FPÖ au gouvernement, avec cependant un chancelier (équivalent d'un mix entre notre président et notre premier ministre, le président autrichien ayant relativement peu de pouvoirs) de l'ÖVP[1]. Les dirigeants de l'Union Européenne décidèrent alors de rompre leurs relations avec l'Autriche (refus de serrer la main de membres du gouvernement, etc), ce qui fut perçu par la population Autrichienne comme des sanctions. Face au peu d'effet de ces sanctions, elles furent stoppées quelques mois après. Lorsque Berlusconi fût élu en 1994 et en 2001, aucune sanction similaire ne fût prise, ce qui causa (et cause toujours) un grand sentiment d'injustice dans la population autrichienne, ainsi qu'un certain rejet de l'Union Européenne.

Nous passons maintenant à l'histoire récente : depuis la fin 2006, un gouvernement de coalition socialistes-conservateurs était en place. Il a cependant fini par démissionner, car les deux parties se tiraient dans les pattes comme des gosses. Des élections se préparent pour dans quelques jours, et c'est donc l'occasion de faire campagne. Cela peut cependant difficilement bien se terminer : après deux ans d'immobilisme dû aux gamineries des deux principaux partis, il ne faut pas s'attendre à autre chose qu'une percée de l'extrême droite. Voici les principaux candidats affichés en ville, je ne résiste pas à l'envie de commencer par le plus drôle.

Bonne chance les Autrichiens :)

Finalement, au grand concours des retouches d'affiche électorale, une image m'a fait sourire donc je la partage; le spot TV des verts est également terrible donc le voici en qualité pourrie.

Notes

[1] Jörg Haider n'a quant à lui jamais été membre du gouvernement, et a fini par quitter le FPÖ en 2005 pour fonder son propre parti, le BZÖ.

vendredi 6 juin 2008

Une raison de plus de détester la pub

Mon avion décollait 5 minutes plus tard que le dernier vol du second écran. À 45 minutes de l'embarquement dans un aéroport où tout se fait à pied, où tout est très mal indiqué, ça fait quand même bien chier la bite de passer après une putain de pub dont personne n'a rien à foutre. Accessoirement, quand on embarque on est déjà équipé en valises.

dimanche 25 mai 2008

La naïveté assassine

Ce dimanche matin je me sentais plein d'entrain, plein de temps, et plein de bonne volonté. C'était donc le moment idéal pour sortir le blender et faire de nouvelles tentatives de boisson ; au programme aujourd'hui, mangue et lait. Seulement voila, une mangue c'est chiant à éplucher puis découper si on ne veut pas en jeter la moitié. Qu'à cela ne tienne, j'ai un super couteau, une super pierre à aiguiser, entrain, temps, et volonté (et j'ai promis).

Je décide également d'essayer le blender qu'a laissé coloc en se barrant, histoire de changer un peu du mien, et de voir s'il est utilisable. Il a l'air chouette, on peut changer la vitesse de plein de façons, de jolis petits dessins expliquent à quelle préparation correspond chaque option, il y a même un mode qui alterne normal/lent (pratique pour laver les pulls en laine), bref me voici avec un second blender fort fonctionnel. Après avoir dosé le lait comme voulu (pas assez, la suite le montrera), je finis par soulever le récipient en verre histoire de procéder à un premier essai.

À ce moment précis, je réalise que quelquechose m'échappe. Le bol en verre est solidaire d'un truc en plastique, et il faut poser le tout sur le socle. Il est probablement inutile de soulever également ce truc en plastique pour servir le jus, et de plus quand je tire sur le bol en verre, le tout a tendance à se séparer à la fois entre le socle et le truc en plastique, et entre le truc et le bol. J'ignore dans quel ordre je sépare le tout, mais la suite suggère fortement que le bout de plastique s'est détaché du socle avant de se désolidariser du bol. Je vous laisse juger.

Ce que j'ignorais : le liquide circule librement entre bol et truc en plastique. Voici une explication graphique.
Ce qui s'est passé : Ceci.

Je vois d'ici venir les légions de 2 moralisateurs en commentaire m'expliquer que j'aurais dû le savoir et que nombre de blenders fonctionnent comme ça - sachez juste qu'il existe aussi des blenders bien conçus, avec lesquels il n'y a jamais aucun problème (et que mon orteil sent la mangue). Ah, et coloc n'a pas laissé de balais-brosse en partant, mais un pseudo balais-serpillère swiffer super mauvais pour l'environnement et qui ne fonctionne pas, ce fut l'occasion de s'en rendre compte.

mardi 22 avril 2008

On croit vraiment rêver

Souvenez-vous, c'était il y a un peu plus de quatre ans.

Ce week-end, la plupart de mes collègues étaient à un atelier de travail des sociétés allemandes et autrichiennes de mon domaine. Dialogue lundi matin :

<Elle> Hi! We saw a former student of yours this week-end, she's working in Germany now.
<Moi> Ah yes, I heard she would be there, it's such a small world heh?
<Elle> Yes, she told us she went to your flat to play videogames, it's a bit strange to do that with your student.
<Moi> Well, we were just neighbours at this time, so it's ok.
<Elle> Yes it's true; (regard malicieux) oh and she told us your nickname!

Et c'est la même étudiante bien entendu. Je passe sur les détails de mon air mi-effondré, qui fait tout de même confiance à cette collègue pour ne rien répéter, puis qui me dit qu'une autre collègue était là, qui elle je le sais ne se privera ni pour en tirer les informations les plus compromettantes possibles et se foutre de moi, ni pour propager la bonne parole; je passe enfin sur mon air 100% effondré, et sur la même collègue qui me console "it's ok, it's not a too bad nickname" du genre "allez un accident ça arrive, c'est pas grave".

vendredi 18 avril 2008

La vérité sur les chiottes teutons

Parce que looser aux chiottes est un thème incontournable et universel, il faut en parler ici. Céder à la facilité n'est cependant pas dans nos pratiques ; les écueils du manque de papier, de l'éclaboussure et de l'explosion de caca seront donc évités. Place à la vérité sur ces chiottes présents en Allemagne et Autriche (et certaines enclaves germanophones en France), également connus sous le nom de chiottes à surplomb à caca.

Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître, il s'agit de chiottes dotés d'une plate-forme surélevée sur laquelle vient se déposer le caca. Le but avoué est d'éviter les éclaboussures : au lieu de tomber dans un fracassant plouf et de maculer les fesses d'eau à la propreté douteuse (mais potable), le caca se dépose en douceur sur la plate-forme. Ça, c'est la théorie ; dans son souci de progrès permanent de la condition humaine, l'Art de la Loose vous révèle aujourd'hui (today, en Anglais) les réalités de la pratique. Tous les expériences mentionnées ont été vécues.

On peut d'entrée réfuter l'argument de l'éclaboussure : l'expérience de nombreux bloggeurs a montré que du papier-toilette judicieusement placé évite ces mêmes éclaboussures sur un chiotte traditionnel. Deux feuilles posées à la surface de l'eau suffisent généralement à modifier son élasticité comme il convient, et avec de l'expérience, on peut s'en sortir avec une seule feuille. Que des générations d'ingénieurs en chiottes aient conçu des plate-formes toujours plus performantes, sans jamais penser à simplement poser une feuille, me dépasse furieusement et me donne aussi un peu envie de mourir. Maintenant que nous savons que le chiotte teuton a très exactement zéro avantage sur le chiotte classique, passons à la liste des récriminations.

  1. L'odeur (pas de bruit, dommage). Il s'agit d'un des plus fréquents reproches ; le caca reste à l'air libre, et ça fouette sa race. De plus l'odeur est persistante (allez savoir pourquoi). Une solution consiste à tirer la chasse aussitôt que la crotte est faite, puis une seconde fois après l'essuyage. C'est cependant peu satisfaisant, car la consommation d'eau se trouve doublée. De plus, les probables traces (nous y reviendrons) ont un potentiel fouettatoire non négligeable.
  2. La vue. C'est l'autre reproche très fréquent. Les gens se plaignent que l'on voit le caca, triomphant sur sa plate-forme. Je considère que cette formulation est erronée - en réalité, le caca nous regarde, ni plus ni moins. Il nous juge, il pénètre notre conscience et notre dignité, pour essayer de les pervertir puis de les briser (en vain). Ce tête-à-tête est tout simplement insupportable.

Nous attaquons maintenant la liste des récriminations dont personne ne parle ; vous allez comprendre pourquoi.

  1. L'évacuation. Le fait que le caca soit en contact avec une surface solide augmente le frottement, et rend plus difficile le drainage. Cela arrive cependant peu souvent, et une seconde chasse suffit généralement à régler le problème, du moins jusqu'au point suivant.
  2. Les traces. Surprise, une crotte étalée sur une plate-forme d'émail blanc, puis trainée sur toute sa longueur par la chasse d'eau, ça laisse des traces ! En général, bien longues et bien fouettantes. L'usage du balai à chiotte est quasi-systématique. Là encore, il existe une solution non satisfaisante, consistant à tapisser le chiotte de papier. Littéralement, vu que la taille et la forme de la crotte, puis sa trajectoire, sont absolument imprévisibles. On pourra cependant tirer profit de ces traces, en y lisant l'avenir comme dans le marc de café.
  3. Les dimensions. Certainement le pire du pire : que faire quand la crotte est trop longue pour tenir entre l'anus et la plate-forme ? Ça n'arrive jamais me direz-vous, et bien SI ! Et pas qu'une fois. Dans ces cas-là, deux possibilités : soit on s'en rend vite compte et on agit comme on peut, soit on s'en rend compte un peu moins vite mais vite quand même, quand on sent un truc chaud caresser l'intérieur de la cuisse en tombant (fail). Quand on a la "chance" de s'en rendre compte suffisamment tôt, le seul réflexe consiste à surélever le cul afin de maintenir une distance de sécurité. On n'est cependant pas tiré d'affaire, car la crotte va désormais tomber de plus haut que prévu ; si sa taille est plus grande que la distance entre le point de contact crotte-surplomb et le bord du chiotte, on est dans la merde (re-fail). Ça n'arrive jamais me direz-vous, et bien SI ! Et pas qu'une fois. Naturellement, le fait d'être en équilibre en forçant sur ses quadriceps n'aide en rien.
  4. Last but not least, le pipi masculin. C'est clairement une mauvaise idée de pisser debout face à un tel adversaire. La solution existe, et est satisfaisante : il suffit de pisser assis. Élémentaire me direz-vous, eh bien on trouve quand même des abrutis pour y aller debout. Re-surprise, quand on pisse vers une quasi-plate-forme horizontale, ça rebondit et jaillit de toutes parts !

Vous l'aurez compris, ces chiottes teutons ne représentent que des emmerdements.

lundi 14 avril 2008

Never Too Loud

Amis du rock'n'roll bonsoir ! Dans notre série "Y'a des artistes que j'ai vraiment très envie de voir en concert", L'ADLL vous propose aujourd'hui son unique épisode, vu que j'ai eu la flemme de poster suite à Stereo Total et aux Pixies. Autant vous prévenir tout de suite, si vous voulez savoir qui a gueulé sa race en faisant des gestes indécents avec sa langue hier soir (le tout pour 15 €), vous allez devoir sauter quelques paragraphes (sauf si vous connaissez le titre du dernier album).

À peine arrivés dans la salle, madame veut aller aux toilettes (ça a son importance), donc je poireaute devant la porte. La synchro entre sortie des chiottes et début de la première partie est presque impeccable, et on arrive devant la scène quelques secondes après le début de la première chanson de Grim Skunk. Et là, d'entrée, c'est tout simplement excellent. La salle est un peu endormie, les spectateurs arrivent doucement, mais ça ne change rien au fait que les gens qui jouent devant nous ont la patate, des compos excellentes, et ont l'air de fous furieux qui gueulent leur race avec talent, tout ce qui fait un bon concert rock. Mention spéciale au pianiste/chanteur avec ses airs de psychopathe déguisé en premier de la classe. D'ailleurs c'est peut-être pas que des airs. C'est bien simple, j'ai acheté le CD en sortant (et bien sûr il est décevant comparé à la formidable performance scénique, mais c'était inévitable).

Ils partent trop tôt bien sûr, et place à l'attente entre première et seconde partie (trois parties en tout). On commence à se demander qui peut bien être cette seconde partie, à bailler, à voir le matériel débarquer, et notamment une guitare à paillettes. Je me dis "putain on va quand même pas se taper M à un concert de rock", mais réalise que je ne peux partager cette réflexion avec personne, car il est totalement inconnu du public viennois. Finalement, trois personnes arrivent sur scène, et un mix de Punky Brewster et Courtney Love chope la guitare pailletée et nous lâche "Good evening Vienna, we are Die Mannequin". C'est à ce moment précis que se glisse à mon oreille un "Oh wait I saw her in the toilets, she was putting on some make-up the whole time I was there". Punky attaque à la gratte pendant que les deux autres se mettent en place, pose son pied sur l'épaule du mec de la sécurité qui la jette, elle s'en fout, escalade les enceintes sur le bord de la scène, et ça joue, ça crie, y'a de l'énergie, le jeu de scène semble tout d'abord un peu puéril mais s'impose finalement et devient franchement excellent, notamment lorsqu'elle va avec son micro puis avec sa guitare (la seconde, ornée d'une photo de chaton mal découpée) dans le public, qui a aussi le droit d'utiliser le micro et la guitare. Le seul défaut est la qualité des compos, franchement chiantes, et pendant un bon moment on s'emmerde quand même beaucoup. Mais la qualité va crescendo, et à la fin je regrette que ça s'arrête alors que je commençais à énormément apprécier, cela malgré une très mauvaise impression de départ. Peut-être qu'attaquer avec des chansons moins speed que le groupe précédent a influencé l'impression en question.

La vraie attente, celle de la star du soir, commence alors dans l'impatience générale. Les gens commencent à faire les relous et à essayer de s'incruster devant (alors que 3 secondes de pogo suffisent, manque d'expérience les gars). Après une éternité qui a bien duré 20 minutes, (roulement de tambour) Danko Jones débarque sur scène et entame avec bien sûr la première du dernier album. Raconter la suite en détails n'est pas intéressant, ce concert était simplement à la hauteur de mes attentes, qui étaient fort hautes. Du gros son (mais pas trop, cf titre), de la violence, du pogo, du slam, et du school sucks, le tout s'arrêtant bien sûr beaucoup trop tôt. Mention spéciale à tous les fanboys que je ne supporte plus, je dois mal vieillir, ok le gars qui est sur scène nous fait passer un super moment, mais il reste un être humain, pas un dieu. Dans vos chattes à tous, vos mères sortent le briquet téléphone portable pour Where is my Mind en enfer. Mention spéciale aussi à l'abruti qui headbange comme un taré, ce que j'accepte et encourage, mais qui en plus balance violemment sa tête et tout son corps en arrière, forcément ya mon nez au milieu. Connard[1].

Enfin, il convient de souligner que mes lunettes au passif fort à-propos sont tombées dans une porcherie au sol vers la fin du concert. Je me suis calmement baissé, confiant que je les retrouverais intactes dans les secondes suivantes, ce qui est exactement ce qui s'est passé. Le seul gars autour de moi qui se soit rendu compte de leur chute a halluciné quand il m'a vu tâtonner trois secondes, me relever, les épousseter et les arborer à nouveau sur mon visage. À y réfléchir, c'est probablement le calme et la sérénité avec lesquels j'ai géré l'incident qui l'ont troublé. Ces lunettes nous enterreront tous.

Notes

[1] Au bout d'un moment le vide s'est formé autour de lui ; en France, je pense qu'il se serait fait frapper.

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